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To be liable : comment traduire cette formule-clé du droit anglo-saxon ? « Être tenu », « être obligé » ou « être responsable » ?

15 Avril 2026 - Long format

📋 Parmi les termes les plus piégeux du droit anglo-saxon, la formule to be liable occupe une place centrale. Omniprésente dans les contrats, les jugements, la fiscalité et même le droit pénal, elle fonctionne en anglais comme un prédicat juridique polyvalent. Pourtant, lorsqu’il s’agit de la traduire en français, plusieurs choix s’offrent au traducteur : faut-il écrire que le débiteur « est tenu », qu’il « est obligé », ou qu’il « est responsable » ?

⚖️ Le problème vient du décalage structurel entre les systèmes. La common law utilise to be liable pour exprimer toute situation où une personne doit supporter une obligation juridique : paiement d’une dette, réparation d’un dommage, sanction fiscale ou peine pénale. En droit civil, en revanche, on distingue nettement :

  • l’obligation (le lien juridique entre créancier et débiteur),

  • la dette (l’aspect patrimonial de l’obligation, exécution financière),

  • la responsabilité (la conséquence d’un manquement ou d’une faute).

Un seul prédicat anglais recouvre ainsi plusieurs réalités que le français sépare soigneusement.

📖 Concrètement, les usages varient :

  • Dans un contrat, the seller shall be liable for defects se traduira par « le vendeur sera tenu des vices cachés ».

  • En fiscalité, the company is liable to VAT devient « la société est tenue au paiement de la TVA ».

  • En responsabilité délictuelle, liable in tort for negligence appelle plutôt « responsable du fait de sa négligence ».

  • En droit pénal, liable on conviction to imprisonment se rend par « passible d’une peine d’emprisonnement ».

💡 Ces exemples montrent que la traduction de to be liable ne peut être uniforme. Le choix du prédicat dépend du contexte (contractuel, fiscal, délictuel, pénal) et du registre attendu (langage courant, terminologie technique, style judiciaire).

🎯 Cet article propose d’analyser les usages de to be liable en common law, de les confronter aux catégories du droit civil et de montrer comment choisir, selon les cas, entre « être tenu », « être obligé » et « être responsable ». Nous aborderons également le cas du substantif liabilities, souvent source de confusion en matière comptable et financière.

1. 📑 To be liable en common law : un prédicat aux usages multiples

📋 Dans la tradition de common law, le verbe to be liable est un véritable « couteau suisse » linguistique. Là où le français distingue soigneusement obligation, dette et responsabilité, l’anglais regroupe sous une même formule l’idée qu’une personne doit subir les conséquences juridiques d’un fait, d’un contrat ou d’une loi. Cette polyvalence explique les difficultés de traduction.


⚖️ 1.1. En droit des contrats

Dans les contrats, to be liable est utilisé pour attribuer à une partie la charge d’une obligation ou les conséquences d’un manquement.

  • The seller shall be liable for hidden defects.
    → « Le vendeur sera tenu des vices cachés. »

  • The tenant is liable for payment of rent.
    → « Le locataire est tenu au paiement du loyer. »

💡 Ici, to be liable n’implique pas une faute, mais simplement le fait d’être débiteur d’une obligation contractuelle. Le français privilégie alors le verbe « être tenu », qui exprime le lien juridique sans connotation de faute.


👩‍⚖️ 1.2. En responsabilité délictuelle

Dans les litiges de responsabilité civile, liable exprime le fait d’être juridiquement sanctionné pour un dommage causé.

  • The defendant was found liable in tort for negligence.
    → « Le défendeur a été jugé responsable pour négligence. »

Dans ce contexte, traduire par « tenu » serait trop neutre. Le mot français « responsable » rend mieux la logique de la responsabilité civile, où il s’agit de réparer un dommage causé à autrui.


🏦 1.3. En droit fiscal et financier

En fiscalité, liable désigne l’assujettissement d’un contribuable à un impôt.

  • The company is liable to VAT.
    → « La société est tenue au paiement de la TVA. »

  • He is liable for income tax in the UK.
    → « Il est redevable de l’impôt sur le revenu au Royaume-Uni. »

💡 La traduction varie selon le registre : « tenu au paiement » pour une formulation neutre, « redevable » pour la terminologie fiscale spécialisée.


⚖️ 1.4. En droit pénal et public

Le droit pénal anglo-saxon utilise liable pour exprimer la sanction encourue.

  • On conviction, the offender is liable to imprisonment for five years.
    → « En cas de condamnation, le contrevenant est passible d’une peine de cinq ans d’emprisonnement. »

Le choix de « passible » s’impose ici, car « responsable » ou « tenu » ne correspondent pas au registre pénal français.


📖 1.5. La flexibilité de liable : un mot, plusieurs mondes

Ces exemples montrent la plasticité remarquable de to be liable. Selon le domaine :

  • Contractuel → « tenu » ;

  • Délictuel → « responsable » ;

  • Fiscal → « redevable » ou « tenu au paiement » ;

  • Pénal → « passible ».

⚠️ En anglais, le juriste n’a pas besoin de varier son vocabulaire : to be liable suffit. En français, le traducteur doit choisir entre plusieurs prédicats, chacun chargé d’une nuance doctrinale ou stylistique.


💡 Synthèse : To be liable est une formule englobante qui simplifie l’expression en common law. En droit civil, cette simplicité n’est pas possible : le traducteur doit dissocier les cas et choisir entre « être tenu », « être responsable », « être redevable » ou « être passible », selon le contexte.

2. ⚖️ Les catégories françaises : obligation, dette et responsabilité

📋 Si le droit anglo-saxon exprime sous une même formule (to be liable) une diversité de situations juridiques, le droit civil français repose sur une distinction nette entre trois notions fondamentales : l’obligation, la dette et la responsabilité. Cette tripartition, bien ancrée dans la doctrine et la jurisprudence, explique pourquoi la traduction de to be liable requiert un choix précis du prédicat.


📖 2.1. L’obligation : le lien juridique abstrait

En droit civil, l’obligation désigne le lien de droit qui unit un créancier et un débiteur. Comme l’écrivent Terré, Simler et Lequette (Droit des obligations, 12ᵉ éd., 2018), « l’obligation est un rapport de droit en vertu duquel une personne est tenue envers une autre de faire ou de ne pas faire quelque chose ».

👉 Exemple :

  • « Le débiteur est obligé en vertu du contrat de livrer la marchandise. »

Dans ce sens, « être obligé » est une traduction techniquement rigoureuse de to be liable under a contract. Toutefois, le français réserve cette tournure à un registre plus doctrinal que contractuel courant.


💰 2.2. La dette : l’aspect patrimonial de l’obligation

La dette est l’obligation envisagée sous son angle économique : le débiteur doit exécuter une prestation (payer une somme, livrer un bien).

👉 Exemple jurisprudentiel : la Cour de cassation écrit souvent que « le débiteur est tenu au paiement » (v. Cass. civ. 1ʳᵉ, 28 oct. 2010).

Dans ce contexte, « être tenu » est la traduction la plus neutre et la plus usuelle de to be liable.

  • The tenant is liable for rent. → « Le locataire est tenu au paiement du loyer. »

💡 « Être tenu » est donc l’équivalent préféré en matière contractuelle et financière.


👩‍⚖️ 2.3. La responsabilité : conséquence d’un manquement

La responsabilité intervient lorsqu’un manquement cause un dommage. Elle suppose une faute (responsabilité civile délictuelle) ou une inexécution (responsabilité contractuelle).

👉 Exemple :

  • The defendant was found liable for negligence.
    → « Le défendeur a été jugé responsable de négligence. »

Ici, employer « être tenu » ou « être obligé » serait impropre : seule « responsabilité » rend compte du régime juridique applicable.


🏦 2.4. Variantes selon les branches du droit

  • Droit fiscal : liable to VAT → « redevable de la TVA ».

  • Droit pénal : liable to imprisonment → « passible d’emprisonnement ».

  • Droit commercial : liable for corporate debts → « tenu des dettes sociales ».

Ces cas illustrent l’importance de contextualiser la traduction.


💡 2.5. Doctrine et style judiciaire français

La jurisprudence et la doctrine françaises confirment cette tripartition.

  • La Cour de cassation emploie volontiers « être tenu » pour les dettes contractuelles.

  • Les manuels d’obligations (Terré, Simler, Lequette ; Malaurie et Aynès) distinguent l’« obligation » (concept) de la « responsabilité » (sanction).

  • En droit fiscal, le terme consacré est « redevable ».

  • En droit pénal, la pratique préfère « passible ».


⚠️ Synthèse : Le droit français n’admet pas un équivalent unique de to be liable. Là où l’anglais maintient un prédicat englobant, le français impose une répartition :

  • « être obligé » → registre technique de l’obligation ;

  • « être tenu » → dettes et obligations patrimoniales ;

  • « être responsable » → faute ou dommage ;

  • « redevable » et « passible » → fiscal et pénal.

💡 Cette diversité oblige le traducteur à opérer un choix raisonné selon la branche du droit et la fonction du texte.

3. 📝 Traduire to be liable : trois prédicats français possibles

📋 Après avoir vu comment le droit français distingue obligation, dette et responsabilité, reste à examiner comment traduire concrètement to be liable. Trois prédicats principaux sont envisageables : « être tenu », « être obligé » et « être responsable ». Chacun correspond à un registre et à un contexte précis.


⚖️ 3.1. « Être tenu » : la formule neutre et polyvalente

« Être tenu » est sans doute l’équivalent le plus fréquent dans la pratique contractuelle et judiciaire.

👉 Exemples :

  • The debtor is liable to pay damages.
    → « Le débiteur est tenu de payer des dommages-intérêts. »

  • The tenant is liable for rent.
    → « Le locataire est tenu au paiement du loyer. »

  • The company shall be liable for taxes.
    → « La société sera tenue au paiement des impôts. »

💡 Avantages :

  • Traduction neutre, comprise dans tous les domaines.

  • Conforme au style de la Cour de cassation, qui écrit régulièrement que « le débiteur est tenu au paiement ».

  • Évite l’ambiguïté avec la responsabilité délictuelle.

⚠️ Limites :

  • Peut sembler trop faible lorsqu’il s’agit de sanctionner une faute (ex. liable in tort).

  • Risque d’aplanir la nuance si utilisé systématiquement.


📖 3.2. « Être obligé » : un registre plus technique

« Être obligé » renvoie au vocabulaire théorique du droit des obligations. On le rencontre davantage dans la doctrine et les manuels que dans les jugements.

👉 Exemples :

  • The seller is liable under this agreement to deliver the goods.
    → « Le vendeur est obligé, en vertu du présent contrat, de livrer les marchandises. »

  • The borrower shall be liable to repay the loan.
    → « L’emprunteur est obligé de rembourser le prêt. »

💡 Avantages :

  • Fidèle à la tradition doctrinale (Terré, Simler & Lequette).

  • Utile pour des textes à vocation académique ou explicative.

⚠️ Limites :

  • Moins usuel dans la pratique contractuelle contemporaine.

  • Peut paraître archaïque ou trop doctrinal dans un contrat opérationnel.


👩‍⚖️ 3.3. « Être responsable » : réservé aux fautes et manquements

« Être responsable » doit être utilisé lorsque liable renvoie à une responsabilité civile, délictuelle ou pénale.

👉 Exemples :

  • The defendant was found liable for negligence.
    → « Le défendeur a été jugé responsable de négligence. »

  • The company is liable for environmental damages.
    → « La société est responsable des dommages environnementaux. »

  • Directors may be liable for wrongful trading.
    → « Les administrateurs peuvent être responsables pour faute de gestion. »

💡 Avantages :

  • Rend précisément la notion de responsabilité en cas de faute ou de dommage.

  • Conforme au vocabulaire juridique courant en matière de RC.

⚠️ Limites :

  • Impropre en matière purement contractuelle ou fiscale.

  • Si utilisé à tort, peut introduire une idée de faute inexistante dans le texte source.


🏦 3.4. Autres prédicats spécialisés : « redevable » et « passible »

Selon les branches du droit, d’autres traductions s’imposent :

  • En fiscalité : liable to tax → « redevable de l’impôt ».

  • En droit pénal : liable to imprisonment → « passible d’emprisonnement ».

Ces termes spécialisés montrent que la traduction doit être contextualisée et ne saurait se réduire aux trois prédicats principaux.


📚 3.5. Synthèse : critères de choix

Pour décider entre « être tenu », « être obligé » et « être responsable », le traducteur doit poser trois questions :

  1. Nature de l’obligation : s’agit-il d’une dette, d’un devoir contractuel, ou d’une sanction pour faute ?

  2. Branche du droit : civil, fiscal, pénal ?

  3. Destinataire du texte : praticien, juge, lecteur académique ?

👉 Règles pratiques :

  • Contrats et jugements → « être tenu ».

  • Doctrine → « être obligé ».

  • Responsabilité civile/délictuelle → « être responsable ».

  • Fiscalité → « redevable ».

  • Pénal → « passible ».


⚠️ Conclusion de section : Il n’existe pas de traduction unique de to be liable. Le choix du prédicat français doit toujours être contextualisé. La richesse du français (tenu, obligé, responsable, redevable, passible) est une contrainte, mais aussi une garantie de précision.

4. 📋 Encadré – Le cas du substantif liabilities

📋 Jusqu’ici, nous avons analysé to be liable comme prédicat verbal. Mais son substantif dérivé, liabilities, est lui aussi une source fréquente de confusion. En anglais, il désigne indifféremment le passif comptable, les dettes contractuelles ou encore les obligations légales. En français, ces trois domaines relèvent de terminologies distinctes.


🏦 4.1. En comptabilité et finance

Dans les normes comptables (IFRS, US GAAP), liabilities est défini comme des « obligations actuelles résultant d’événements passés, dont l’extinction doit se traduire par une sortie de ressources ».

👉 Traduction consacrée : passifs.

  • Current liabilities → « passifs courants ».

  • Non-current liabilities → « passifs non courants ».

⚠️ Attention : « passif » en comptabilité inclut à la fois les dettes et les capitaux propres. Il ne se confond donc pas exactement avec liabilities, qui exclut l’equity en anglais. Certains traducteurs préfèrent « dettes » lorsqu’il s’agit de passifs exigibles, mais « passifs » reste le terme standard dans les états financiers français.


📑 4.2. Dans les contrats commerciaux

Dans un contrat de cession ou de fusion-acquisition, liabilities vise les dettes et engagements d’une société.

👉 Exemple :

  • The Purchaser shall assume all liabilities of the Seller.
    → « L’Acquéreur reprendra l’ensemble des dettes du Vendeur. »

Ici, traduire par « passifs » peut être ambigu pour un juriste civiliste. « Dettes » ou « engagements » s’imposent selon le contexte contractuel.


⚖️ 4.3. En droit public et fiscal

En droit fiscal, liability désigne une obligation légale de payer un impôt ou une taxe.

👉 Exemple :

  • Tax liabilities → « obligations fiscales » ou « impôts dus ».

  • Social security liabilities → « charges sociales à payer ».

Traduire par « responsabilités fiscales » serait un contresens : il s’agit d’une dette, pas d’une faute.


📖 4.4. En assurance et contentieux

Dans les polices d’assurance, liability renvoie à la responsabilité civile.

👉 Exemple :

  • Third-party liability insurance → « assurance responsabilité civile ».

Ici, le substantif rejoint le champ de la responsabilité et non celui de la dette patrimoniale.


💡 4.5. Synthèse

Le substantif liabilities se traduit différemment selon le domaine :

  • Comptabilité → « passifs » (traduction standard, IFRS).

  • Contrats → « dettes », « engagements ».

  • Fiscalité → « obligations fiscales », « impôts dus ».

  • Assurance → « responsabilité ».

⚠️ En pratique, il est crucial de distinguer liabilities (substantif) de to be liable (verbe). Le premier désigne un élément de patrimoine ou une obligation objective, le second exprime un prédicat normatif de responsabilité.

5. 💼 Exemples pratiques comparés

📋 Après avoir analysé les usages de to be liable et du substantif liabilities, il est utile d’examiner des cas concrets. Chaque exemple illustre les choix traductifs possibles et montre pourquoi la vigilance terminologique est indispensable.


⚖️ 5.1. Contrat de vente internationale

Texte source (UK/US) :
The Seller shall be liable for any hidden defects in the Products.

Traduction proposée :
« Le Vendeur sera tenu des vices cachés des Produits. »

💡 Justification : Ici, la responsabilité n’est pas nécessairement liée à une faute. Il s’agit d’une obligation contractuelle (délivrance conforme). « Être tenu » est le choix le plus neutre, conforme au style contractuel français. Employer « responsable » risquerait de suggérer une faute, ce qui ne correspond pas à l’intention du contrat.


🏦 5.2. Contrat de financement

Texte source :
The Borrower shall be liable to pay interest and principal as set forth herein.

Traduction proposée :
« L’Emprunteur est tenu de payer les intérêts et le principal conformément aux stipulations des présentes. »

💡 Justification : La dette financière relève d’un engagement contractuel clair. « Être obligé » serait possible, mais trop doctrinal. « Responsable » serait un contresens.


👩‍⚖️ 5.3. Responsabilité civile délictuelle

Texte source :
The Defendant was found liable in tort for negligence causing bodily harm.

Traduction proposée :
« Le Défendeur a été jugé responsable en responsabilité délictuelle pour négligence ayant causé un dommage corporel. »

💡 Justification : Dans le domaine de la responsabilité civile, le terme consacré est « responsable ». C’est le seul prédicat qui reflète l’idée de faute et de réparation d’un dommage.


📑 5.4. Droit fiscal

Texte source :
The Company is liable to corporate income tax in France.

Traduction proposée :
« La Société est redevable de l’impôt sur les sociétés en France. »

💡 Justification : Dans la terminologie fiscale, le mot consacré est « redevable ». Traduire par « responsable de l’impôt » serait impropre et source de confusion avec la responsabilité fiscale (sanctionnée par pénalité).


⚖️ 5.5. Droit pénal

Texte source :
On conviction, the offender is liable to imprisonment for up to five years.

Traduction proposée :
« En cas de condamnation, le contrevenant est passible d’une peine d’emprisonnement de cinq ans au maximum. »

💡 Justification : « Passible » est le terme exact du français juridique pour traduire liable to imprisonment. Les autres équivalents (« tenu », « obligé ») seraient inadaptés et absurdes dans le contexte pénal.


📜 5.6. Assurance

Texte source :
This policy covers third-party liability for bodily injury.

Traduction proposée :
« La présente police couvre la responsabilité civile du souscripteur en cas de dommages corporels causés à des tiers. »

💡 Justification : Dans le champ de l’assurance, liability est toujours traduit par « responsabilité civile ». Traduire par « passif » ou « dettes » serait erroné.


📖 5.7. Fusion-acquisition

Texte source :
The Purchaser shall assume all liabilities of the Seller arising prior to Closing.

Traduction proposée :
« L’Acquéreur reprendra l’ensemble des dettes et engagements du Vendeur antérieurs à la Date de Réalisation. »

💡 Justification : Ici, liabilities n’est pas un simple « passif comptable », mais l’ensemble des dettes et obligations juridiques. La traduction doit refléter cette dimension patrimoniale.


💡 5.8. Synthèse

Ces exemples montrent que :

  • Contrats / financement → « être tenu »

  • Responsabilité civile → « être responsable »

  • Fiscalité → « redevable »

  • Pénal → « passible »

  • Assurance → « responsabilité civile »

  • Comptabilité / M&A → « passifs », « dettes », « engagements »

⚠️ Conclusion partielle : il est dangereux de traduire to be liable ou liabilities de façon uniforme. Chaque branche du droit appelle une terminologie spécifique.

6. ❓ FAQ – Traduire to be liable et liabilities

1. Que veut dire to be liable en droit anglo-saxon ?

📖 To be liable signifie qu’une personne est juridiquement tenue à une obligation ou supporte les conséquences d’un acte. Cela peut concerner une dette contractuelle, une responsabilité civile, une obligation fiscale ou une sanction pénale.


2. Quelle différence entre « être tenu », « être obligé » et « être responsable » ?

⚖️

  • « Être tenu » : formulation neutre, adaptée aux contrats et jugements (paiement, dettes).

  • « Être obligé » : registre technique, lié au droit des obligations.

  • « Être responsable » : réservé aux fautes ou aux dommages (responsabilité civile ou délictuelle).

💡 Le choix dépend du contexte juridique.


3. Comment traduire tax liability ?

📝 En fiscalité, tax liability désigne l’obligation de payer un impôt. La traduction correcte est « obligation fiscale » ou « impôt dû ». Le terme consacré pour une personne est « redevable ». Exemple : the company is liable to VAT → « la société est redevable de la TVA ».


4. En comptabilité, liabilities = passifs ou dettes ?

🏦 Dans les états financiers (IFRS, US GAAP), liabilities se traduit par « passifs ». Cela inclut les dettes exigibles, mais aussi d’autres engagements. Dans un contrat de fusion-acquisition, il vaut mieux préciser : « dettes et engagements » plutôt que « passifs », pour éviter l’ambiguïté.


5. Liability insurance se traduit-il toujours par assurance de passif ?

⚠️ Non. Liability insurance désigne en réalité l’assurance responsabilité civile. Traduire par « assurance de passif » serait un contre-sens : ce dernier terme correspond en droit français à une garantie spécifique en matière de M&A, et non à l’assurance de responsabilité civile générale.


💡 Synthèse de la FAQ :

  • To be liable = prédicat englobant en anglais → à nuancer en français.

  • Traductions principales : « être tenu », « être obligé », « être responsable », « redevable », « passible ».

  • Liabilities (substantif) = « passifs » (compta), « dettes » (contrats), « obligations fiscales » (droit public).

🎯 Conclusion

📋 La traduction de to be liable met en évidence une asymétrie fondamentale entre la common law et le droit civil. Là où l’anglais se satisfait d’un prédicat unique et polyvalent, le français impose une différenciation nette entre obligation, dette et responsabilité. Ce décalage explique pourquoi un traducteur ne peut pas recourir à une solution unique : il doit arbitrer selon le contexte.

⚖️ Trois traductions principales dominent :

  • « Être tenu » : la formule la plus neutre, privilégiée dans les contrats, les jugements et les dettes financières.

  • « Être obligé » : un registre plus technique, propre au vocabulaire du droit des obligations, que l’on retrouve surtout en doctrine.

  • « Être responsable » : réservé aux cas de faute ou de dommage, en matière délictuelle ou contractuelle.

À ces trois solutions, il faut ajouter des prédicats spécialisés : « redevable » en matière fiscale et « passible » en droit pénal. Chacun répond à une logique propre et ne saurait être employé indifféremment.

📖 Le substantif liabilities pose une difficulté parallèle. En anglais, il recouvre le passif comptable, les dettes contractuelles et les obligations fiscales. En français, trois terminologies distinctes coexistent : « passifs » (comptabilité), « dettes » (contrats, M&A), « obligations fiscales » ou « impôts dus » (droit public). Une traduction inexacte peut donc entraîner des malentendus graves, notamment en matière financière ou dans les litiges internationaux.

💡 L’examen comparé montre que la traduction de to be liable ne relève pas d’un choix lexical, mais d’un véritable raisonnement juridique. Comme l’écrit Jean-Claude Gémar, « il n’y a pas d’intraduisible, il n’y a que du mal traduit » : la difficulté réside moins dans la langue que dans la compréhension du système et de la branche du droit concernés.

🎯 En définitive, traduire to be liable ou liabilities, c’est assumer une fonction de médiation. Le traducteur ne se contente pas de transposer des mots : il doit identifier si l’on parle d’une dette, d’une obligation, d’une responsabilité ou d’une sanction, pour restituer avec précision la portée juridique du texte. C’est à ce prix que la traduction demeure fidèle à l’esprit du droit source et intelligible pour le lecteur civiliste.

🛠️ En pratique – Comment traduire to be liable ?

📋 Avant de trancher sur la traduction, le traducteur doit se poser 5 questions clés :

  1. ⚖️ Contexte contractuel

    • The debtor is liable to pay damages → « Le débiteur est tenu de payer des dommages-intérêts. »

    • 👉 En contrat ou financement, privilégier « être tenu ».

  2. 👩‍⚖️ Responsabilité civile ou délictuelle

    • The defendant was found liable for negligence → « Le défendeur a été jugé responsable pour négligence. »

    • 👉 Employer « être responsable » en cas de faute ou de dommage.

  3. 🏦 Fiscalité et obligations légales

    • The company is liable to VAT → « La société est redevable de la TVA. »

    • 👉 Termes consacrés : « redevable » (fiscal), « tenu au paiement » (neutre).

  4. ⚖️ Droit pénal et sanctions

    • Liable on conviction to imprisonment → « Passible d’une peine d’emprisonnement. »

    • 👉 En matière pénale, seul « passible » est adéquat.

  5. 📑 Liabilities (substantif)

    • Comptabilité → « passifs ».

    • Contrats → « dettes », « engagements ».

    • Assurance → « responsabilité ».

    • 👉 Ne pas confondre le prédicat to be liable avec le substantif liabilities.


⚠️ Astuce : to be liable est un terme englobant en anglais, mais le français impose une précision terminologique. Toujours vérifier la branche du droit et choisir le prédicat en conséquence.

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